La réforme prévoit le remboursement intégral du fauteuil roulant ? Qu'en est-il des accessoires et options afferentes ?
La réforme prévoit effectivement un remboursement intégral du fauteuil roulant par l'Assurance maladie, sans reste à charge possible. Ce remboursement couvre également les adjonctions et les options afférentes au fauteuil, à condition qu'elles soient prescrites par un professionnel de santé qualifié et qu'elles répondent à un besoin essentiel de compensation du handicap.
Pour bénéficier de cette prise en charge, le fauteuil roulant doit respecter les exigences de qualité et de normes définies par la réforme, ainsi que le Prix Limite de Vente.
*Cf. Arrêté du 6 février 2025, article 3.1 (conditions de prise en charge à l'achat neuf).
Quelles sont les différences entre la situation actuelle et la situation après la réforme ?
Actuellement, la prise en charge des fauteuils roulants par l'Assurance maladie obligatoire peut être intégrale ou partielle (en fonction des modèles).
Avec la réforme, l'Assurance maladie assure un remboursement intégral pour tous les types de fauteuils roulants inscrits dans la liste LPP, sans reste à charge. Les fauteuils qui ont un tarif supérieur à celui indiqué dans la réforme ne seront donc plus pris en charge du tout.
*Cf. Avis relatif à la tarification des VPH du 17 juillet 2025 pour les prix limites de vente détaillés.
Sera-t-il possible de cumuler la prise en charge de plusieurs fauteuils à l'achat ?
La réforme permet de cumuler la prise en charge de différents fauteuils roulants à l'achat dans certains cas, mais elle encadre strictement ces cumuls pour éviter les doublons de dispositifs répondant au même besoin.
Le prescripteur peut prescrire un fauteuil supplémentaire si le besoin évalué justifie un équipement complémentaire pour répondre à un usage différent, comme un fauteuil manuel pour l'intérieur et un fauteuil électrique pour l'extérieur notamment lorsque l’usage de l’électrique n’est pas possible au regard de l’habitat de l’usager. Cependant, les cumuls sont interdits au sein d'une même catégorie, par exemple pour deux fauteuils modulaires manuels. Un tableau récapitulatif détaillé, qui précise les modalités autorisées et les interdictions, sera publié sur le site du ministère de la Santé avant le 1er décembre 2025. Ce tableau aidera les usagers et les professionnels à comprendre clairement les règles.
*Cf. Arrêté du 6 février 2025, article 4.2 (cumuls pour utilisation longue durée).
Quand la réforme sera-t-elle vraiment effective pour bénéficier d'une prise en charge intégrale ?
La réforme se met en œuvre de façon progressive afin de permettre aux différents acteurs, tels que les prestataires de santé et distributeurs de matériel (PSDM), de s'adapter au nouveau modèle de financement et aux nouvelles exigences techniques. Les contours précis de la réforme sont connus depuis le 7 février 2025, date de publication de la nouvelle nomenclature des fauteuils roulants au Journal officiel, qui définit les catégories et les exigences techniques. Un avis tarifaire, publié en juillet 2025, complète cet arrêté en fixant pour chaque catégorie de produits, comme les fauteuils ou les adjonctions, un tarif de remboursement et un prix limite de vente négociés avec les industriels et les distributeurs. L’arrêté du 6 février modifié le 31 mars et le 10 octobre 2025 comporte les derniers ajustements permettant de rendre cette réforme pleinement opérationnelle.
L'entrée en vigueur de la réforme sera effective dès le 1er décembre 2025, avec les premiers remboursements. Seules les demandes de prise en charge faites après le 1er décembre 2025 relèvent pleinement du nouveau cadre.
Pour les prescriptions réalisées avant le 1er décembre 2025 et conformes aux nouvelles règles, l'usager peut solliciter l'application des nouvelles conditions de prise en charge.
*Cf. Arrêté du 6 février 2025 (JORF n°0032 du 7 février 2025) et Avis du 17 juillet 2025.
Les fauteuils de transport ou ceux pliables sont-ils pris en charge intégralement ?
Les fauteuils de transport ou pliables peuvent être pris en charge intégralement par l'Assurance maladie, à condition qu'ils soient enregistrés dans la liste LPP ou qu'ils soient inscrits sous nom de marque. Les fauteuils FlixOne, ergoflix® L-Back et ergoflix® LX seront disponibles au 1er décembre en classe FRE-A.
*Cf. Arrêté du 6 février 2025, section 2.4 (exigences de conception par catégorie) et procédure d'inscription nom de marque (article 1).
Les produits d'assistance à la posture (PAP) sont-ils pris en charge ?
Les produits d'assistance à la posture (PAP) sont pris en charge par l'Assurance maladie, conformément aux dispositions de l'arrêté de prise en charge des véhicules pour personnes en situation de handicap (VPH) qui définit ces produits et les conditions de leur prise en charge. Les PAP répondent à des besoins spécifiques en cas de troubles posturaux qui ont une incidence sur le plan clinique, fonctionnel et sur la qualité de vie de l'usager.
En pratique, le remboursement s'effectue à travers deux forfaits distincts :
> le forfait A pour les PAP du dossier ou des membres supérieurs ;
> le forfait B pour les PAP du siège, des hanches ou des membres inférieurs.
Chaque forfait est facturable en plusieurs fois dans la limite du montant total défini par l'avis tarifaire lié à la nomenclature.
*Cf. Arrêté du 6 février 2025, section 2.4.2.10 (PAP) et article 7.1 (adjonctions)
Quelles sont les modalités de prescription des options/adjonctions associées à un fauteuil roulant ?
La prise en charge d'une option ou d'une adjonction associée à un véhicule pour personne en situation de handicap (VPH) est soumise aux mêmes conditions de prescription que celles applicables au fauteuil roulant principal. Cela signifie que, lorsque le VPH concerné nécessite l'établissement d'une fiche d'évaluation des besoins et d'une fiche de préconisation, ces documents doivent :
> être rédigés conjointement lorsque la prescription du fauteuil et des adjonctions associées est concomitante ;
> être réactualisés lorsque la prescription de l’adjonction intervient de manière non concomitante, afin de vérifier la cohérence de la nouvelle demande.
Par exemple, pour un fauteuil roulant électrique, l'équipe pluridisciplinaire doit valider l'adéquation de l'option. Dans ce cas, un essai pratique préalable devra être réalisé par une équipe pluridisciplinaire afin de vérifier le besoin de l'option demandées par l'usager. Si l’essai est concluant, un certificat attestant de l'adéquation du fauteuil et du système de propulsion au handicap du patient, précisant que les capacités cognitives du patient lui permettent d'en assurer la maîtrise, est émis. L'ordonnance doit préciser clairement l’adjonction et sa description pour justifier la prise en charge.
*Cf. Arrêté du 6 février 2025, article 3.1.4 (conditions de prescription).
Quelles options peuvent faire l'objet d'un devis ? Peut-on facturer des options hors nomenclature ?
Toutes les options ou adjonctions qui ne sont pas décrites dans la nomenclature, mais qui répondent à un besoin de compensation du handicap, peuvent faire l'objet d'un devis pour permettre leur prise en charge. Par exemple, un boîtier de commande personnalisé par souffle pour une pathologie neuromusculaire peut être soumis à une demande d'accord préalable auprès de l'Assurance maladie, qui statue dans un délai de deux mois.
En revanche, les options hors nomenclature qui ne relèvent pas de la compensation du handicap, comme la personnalisation esthétique telle que des dessins ou une peinture spéciale, peuvent être facturées en sus, sans prise en charge par l'Assurance maladie. Cependant, ces facturations doivent être réalisées avec tact et mesure, afin de ne pas contourner le prix limite de vente fixé par l'État dans le but de limiter le reste à charge pour les usagers.
*Cf. Arrêté du 6 février 2025, article 8 (suppléments sur devis) et section 2.4.2.10.4 (autres adjonctions).
Qu'est-ce qu'un "renouvellement à l'identique" ? Est-ce que les essais sont requis ?
Un renouvellement à l'identique se caractérise par une nouvelle prescription d'un VPH de la même catégorie, du même modèle ou de sa nouvelle version, et de la même configuration. Par exemple, le renouvellement d'un fauteuil roulant manuel multiconfigurable de l'entreprise A par un autre fauteuil roulant manuel multiconfigurable de l'entreprise B n'est pas considéré comme un renouvellement à l'identique.
Un essai préalable n'est pas requis en cas de renouvellement à l’identique d'un dispositif d’aide à la propulsion (AAP) s’il s'agit du même modèle que précédemment.
L'essai est obligatoire uniquement pour la première mise à disposition, afin de valider l'adéquation avec les besoins de l'usager. En cas de renouvellement à l’identique avec le même modèle, il est considéré comme non indispensable, sous réserve d'une prescription confirmant la stabilité des besoins.
*Cf. Arrêté du 6 février 2025, article 3.1.6 (définition renouvellement).